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Galas 1835-1919

Regroupant 24 documents datés du XIXe siècle – principalement de la fin du siècle – et des premières années du XXe siècle (jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale), le choix de programmes de galas proposé dans cette première section donne à voir tant des programmes de grandes fêtes ou de de bals (Fête de Nuit à l’Opéra Comique le 14 janvier 1835, Grand Bal masqué du Théâtre de l’Opéra de Paris le 5 février 1898...), que d’évènements organisés en l’honneur de pays amis.
La distribution des récompenses de l’Exposition universelle est fêtée au Palais de l’Élysée (19 août 1900), les échanges économiques avec l’Italie sont célébrés au Théâtre national de l’Opéra (soirée organisée par le Comité républicain du commerce et de l’industrie pour les membres des Chambres de commerce et des municipalités italiens le 17 novembre 1904), et on rend hommage aux rois et reines de Suède et de Belgique à l’Académie nationale de musique (respectivement les 24 novembre 1908 et 13 juillet 1910).
Les documents du début du XXe siècle présentés ici se font l’écho de plusieurs évènements tragiques et de la mobilisation des artistes pour soutenir leurs concitoyens. Ainsi, le gala du 24 janvier 1909 au Théâtre National de l’Opéra de Paris (La Vestale, tragédie lyrique chorégraphiée par Achille Coppini sur une musique de Gaspard Spontini) rend hommage aux sinistrés du séisme de Messine le 28 décembre 1908, qui tua environ 160 000 personnes. Les bénéfices de l’Unique représentation d’Isadora Duncan, le 9 avril 1916 au Palais du Trocadéro, sont reversés aux foyers lorrains ravagés par la Grande Guerre. Enfin, la Matinée patriotique, emmenée par Igor Stravinsky et Léo Staats le 10 janvier 1917 au Théâtre National de l’Opéra de Paris, est organisée "à la gloire [des] armées de terre et de mer".

On note la présence dans ces documents, outre les éléments habituels (déroulé des soirées, arguments des pièces ou extraits composant les programmes, photographies des interprètes), de textes intéressants en soi. Ainsi ce texte d’Isadora Duncan  [1], dans lequel la danseuse explique sa démarche artistique, qui est publié à deux reprises. Elle y revient sur ses sources d’inspiration (arts antiques, observation de la nature...), donne sa définition de la danse ("l’art qui permet à l’âme humaine de s’exprimer en mouvement"), et y décrit ce qui constitue pour elle "l’art du danseur"  : "chercher dans la nature les formes les plus belles et trouver le mouvement qui exprime l’âme de ces formes".

Pour aller plus loin :
Sur la danse pendant la Grande Guerre : Susy Chetteau, Claire Delcroix, Laurence Leibreich, Juliette Riandey, "Texte de présentation de l’exposition Reflets de la danse dans les années 14-18 présentée du 4 octobre au 23 décembre 2014 à la médiathèque du Centre national de la danse", 2014


[1Cf Isadora Duncan, "La Danse", in 1916 (9 avril) - Palais du Trocadéro - Unique représentation d’Isadora Duncan au bénéfice de l’Armoire Lorraine et 1916 (30 avril) - Palais du Trocadéro - Dernière représentation de Isadora Duncan