1988 : retour en Argentine

A la fin des années 1980, Graziella Martinez est en grande difficulté financière. "En marge de tout, [elle trouve] de plus en plus difficilement des possibilités de travail et des lieux d’accueil. A la faveur du retour de la démocratie en Argentine, elle [décide], fin 1988, de regagner son pays natal" [1].

De retour à Buenos Aires où elle "fait construire un studio où toutes sortes de professeur donnent toutes sortes de cours à toutes sortes d’élèves" [2], Graziella Martinez se produit notamment aux côtés d’Ana Kamien (1935-....) avec qui elle collaborait déjà dans les années 1960 à l’ Instituto Torcuato Di Tella. Graziella Martinez apparait avec elle dans des spectacles de la danseuse et chorégraphe María José Goldín [3] notamment Abejas suspendidas en la ventana (2004) [4] ou encore Verde, No naranja. Naranja no (2005) [5] [6].

Cérémonies

Après de longues années d’absence de la scène française, Graziella Martinez revient à Paris, en décembre 2003, sur une initiative du chorégraphe Fabrice Dugied (1963-2016) [7]. En effet, ce dernier l’invite au Regard du Cygne pour y présenter son solo Cérémonies créée à Buenos Aires quelques mois plus tôt. Saluée par le public et la critique [8]] [9], la pièce s’intéresse plus particulièrement aux rituels ?. "Les cérémonies du passé abstrait et primitif - déclare Graziella Martinez- rentrent en concurrence avec celles de la vie de tous les jours, du présent quotidien, vernies par la création du jeu onirique. Balayer un lieu quotidien, par exemple, équivaut au vent qui souffle dans le désert. Le protagoniste est l’homme qui le vit. La vie même est une cérémonie permanente" [10].

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Cérémonies sera présenté de nouveau au Regard du cygne en janvier 2006 dans le cadre du festival Faits d’hiver. Rosita Boisseau est fait, à cette occasion, une critique élogieuse : "Ce solo à plumes et paillettes, écrit-elle, balaie tous les registres d’une femme qui a choisi l’excès comme mesure de survie. Gitane, geisha, meneuse de revue, tout est possible à Graziella Martinez, qui enfile les uns sur les autres ses vêtements de récupération avec le détachement d’une princesse déchue. Ce clown tragique danse comme si elle n’était pas tout à fait là. Lorsqu’elle lève ses immenses yeux charbonneux, on y lit une telle dérision et une telle ironie qu’on ne peut que succomber à son charme sombre [11].

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programme, feuille de salle, invitation
Graziella Martinez ; Fabrice Dugied - « Cérémonies » ; « La déconstruction du Lego » - Regard du cygne (Paris)
12 janvier 2006

Les Princesses

La dernière apparition de Graziella Martinez en France a lieu le 6 septembre 2008. Sur une invitation d’Odile Azagury, la chorégraphe argentine participe au spectacle déambulatoire Les Princesses qui inaugure la première saison du Théâtre et Auditorium de Poitiers [12].

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[1Jacqueline Robinson : L’aventure de la danse moderne en France (1920-1970), Paris. Bougé. 1990. P.346

[2Marie-Christine Vernay, "Graziella Étoile DADA" in Libération, 18 décembre 2003

[4Analía Melgar, "Reunión cumbre" in Diario Página|12, 18 avril 2004

[6Voir Copia de GRACIELA MARTÍNEZ / Video Realizado para el V Simposio en Lenguajes Artísticos Combinados - IUNA - 9 de noviembre de 2012 / Real. Ana Deleff

[7Marie-Christine Vernay dans Libération questionne l’artiste argentine sur les raisons de son retour dans son pays natal : “On ne sait jamais bien pourquoi on part ou on reste - répond Graziella Martinez-. Bien sûr, il y a des raisons objectives. Quand j’ai quitté Paris en 1989, c’est que je ne voyais pas d’issue. Je n’avais plus de studio, pas de subvention. Mes problèmes financiers s’accumulaient et je n’avais plus de carte de séjour. Je suis très touchée de revenir, d’ailleurs j’avais une peur bleue de faire ce voyage, j’en étais malade. Maintenant je suis là et l’accueil est tellement chaleureux”. Marie-Christine Vernay, "Graziella Étoile DADA" in Libération, 18 décembre 2003

[8Marie-Christine Vernay, "Graziella Étoile DADA" in Libération, 18 décembre 2003

[9VERIF Bernadette Bonis, "Graziella Martinez, l’ensorceleuse" in Danser, VERIF novembre ou décembre 2003

[10Plaquette de présentation de Cérémonies / Graziella Martinez - 2003 - Fonds Gilberte Cournand – Médiathèque du Cnd

[11Rosita Boisseau, "Les énergumènes du festival Faits d’hiver-Danse" in Le Monde, 25 janvier 2006

[12Rosita Boisseau, ""Les Princesses" ouvre la saison du TAP" in Le Monde, 8 octobre 2008