À bâtons rompus avec... Graziella Martinez, ca janvier 1980 (85’)

Née en Argentine en 1938, Graziella Martinez s’installe à Paris en 1963. Aux frontières de la «  danse-théâtre  » et de la performance, la danseuse et chorégraphe se démarque dans le paysage chorégraphique de la fin des années 1960 où la danse contemporaine n’en est encore qu’à ses balbutiements. Ses pièces plongent, en effet, le spectateur dans un univers onirique et ésotérique qui relève, à l’époque, de l’avant-garde. En 1965, elle est remarquée lors de la 4ème Biennale de Paris dans le cadre de la programmation du Théâtre d’essai de la danse. Puis, en collaboration avec la photographe Martine Barrat, elle monte, en 1966, la pièce Sainte Geneviève de la baignoire qui s’inspire de "la femme assise" de l’auteur argentin Copi. En 1967, elle participe de nouveau à la Biennale de Paris et y présente Sainte Geneviève dans le toboggan qui va marquer la critique de l’époque.

Au début des années 1970, Graziella Martinez crée une série de spectacles autour de la figure de Giselle : Giselle To Day, «  dont la première a lieu dans la piscine (vidée) du Centre américain à Paris  » [1] en juin 1971, puis Giselle tomorrow, créée en avril 1972 à Paris au théâtre de Plaisance [2].

Après cinq années passées à Amsterdam - où elle fonde un collectif de travail «  qui produit le délirant White Dreams  » [3] - Graziella Martinez revient en 1979 à Paris. C’est sans doute peu après, au début de l’année 1980, que Lise Brunel réalise cet entretien qui fera, en partie, l’objet d’une publication dans la revue l’Avant-Scène Ballet/Danse [4] dans un numéro consacré au ballet Giselle.

Centré autour de la pièce Giselle tomorrow, l’interview évoque d’abord les sources d’inspiration de Graziella Martinez puis sa formation classique en Argentine. Lise Brunel interroge ensuite plus spécifiquement la chorégraphe sur son propre rapport à Giselle en tant que ballet classique. Tout au long de l’entretien, la journaliste invite l’artiste à dessiner les contours de son univers esthétique. Evoquant un « mélange entre romantisme et burlesque  », Graziella Martinez s’accorde à définir ses pièces comme des «  spectacles surréalistes  », où «  la danse reste très subordonnée à l’action théâtrale  » et où les thèmes de la folie et de la mort sont omniprésents.

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Graziella Martinez - "Giselle tomorrow" ; "Floating bird" - Théâtre des deux portes (Paris) - 6 février 1974 / Fonds Gilles Hattenberger – Médiathèque du CN D


[1Lise Brunel, "G. Martinez. Giselle Tomorrow" in Dictionnaire de la danse, dir. Le Moal, Philippe, Paris, Larousse, 2008, p.399

[2En 1983, Graziella Martinez crée Giselle after tomorrow

[3Lise Brunel, "G. Martinez. Giselle Tomorrow" in Dictionnaire de la danse, dir. Le Moal, Philippe, Paris, Larousse, 2008, p.399

[4Lise Brunel, "Giselle à travers le miroir : Giselle tomorrow de Graziella Martinez" in L’Avant-Scène Ballet/Danse.1. Giselle, janvier-mars 1980, p.175-177