À bâtons rompus avec... Maurice Béjart, [janvier] 1972 (37’)

En janvier 1972, Lise Brunel rencontre Maurice Béjart au Palais des sports de Paris où son ballet Nijinsky, clown de dieu, fait, selon la journaliste,”salle comble”. Créée trois mois plus tôt à Bruxelles où le chorégraphe s’est installé depuis 1960 avec sa compagnie le Ballet du XXe siècle, la pièce puise son inspiration dans les écrits du célèbre danseur des Ballets russes de Serge de Diaghilev, Vaslav Nijinski (1889-1950) [1].

La journaliste démarre son interview en interrogeant le chorégraphe sur la dimension à la fois mythique et mystique de Nijinski. Maurice Béjart voit en lui un être “révolté et révolutionnaire”, traumatisé par la première guerre mondiale et par ailleurs très influencé par le « mouvement tolstoïen », ce mouvement social basé sur les pensées religieuses et philosophiques de l’écrivain Léon Tolstoï (1828-1910). La conversation se poursuit autour d’Isadora Duncan et d’Emile Jaques-Dalcroze qui auraient influencé le danseur. Le qualifiant de “génie méconnu”, “tellement en avance sur son temps”, Maurice Béjart s’attarde sur la figure de Nijinski chorégraphe, formé au ballet classique mais qui, selon lui, “n’a jamais utilisé un seul pas classique”. Après des réflexions plus générales sur la jeunesse ou encore la rencontre des publics populaires, notamment dans les usines, l’échange entre Lise Brunel et Maurice Béjart se termine sur l’évocation du prochain spectacle du chorégraphe, Hommage à Jean Cocteau, qui sera donné au Cirque Royal de Bruxelles en avril 1972.

L’entretien donnera lieu à un article dans Les Chroniques de l’art vivant en février 1972.

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Tania Bari et Jorge Donn dans Nijinsky, clown de Dieu, Palais des sports (Paris), janvier 1972 / Fonds Marion Valentine – Médiathèque du CN D

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