Autres inventions de danses

Parallèlement à la « Mana danse », Patrick Bossatti va créer d’autres inventions de danse, certaines juste esquissées, d’autres plus abouties, sous formes de partitions à interpréter ou bien de « figures imaginaires » pas toujours destinées à être dansées.

Ce sont, par exemple, les « Mana notes », conçues entre 1988 et 1990, ou ces « Figures dansées » composant un « opéra dansé » en un acte sans décor et avec, pour sources de lumière, des « bougies lanterne » (1989).

C’est aussi la partition intitulée « Une danse blanche – dessins à danser » (1992), adressée au danseur Bertrand Lombard et au comédien Alain Neddam, en écho à la lecture d’“Espaces blancs” de Paul Auster. Ce poème que l’écrivain américain avait lui-même rédigé dans l’exaltation qui s’empara de lui après avoir assisté à la répétition d’un spectacle de danse, raconte – écriront le dessinateur et ses interprètes lors de la création du spectacle à Rennes en 1993 – « cet état très particulier qui accompagne probablement la genèse de toute oeuvre vraie : l’expérience du vide ».

C’est encore, autre document présenté ici, la partition titrée « La Dérive des continents » (1993) qui fut dansée après la mort de Patrick Bossatti, en 1994, à Rennes toujours, par la compagnie La Ronde formée par B. Lombard et Dominique Brunet. Les danseurs expliquèrent à cette occasion comment pour cette œuvre « le principe de la partition dessinée restait le même que pour “Mana danse de nada” », mais que, s’agissant d’un duo et non plus d’un solo, plus intime, « par le nombre, le jeu des relations et les prises d’espaces possibles, l’envie d’une forme plus spectaculaire [leur était] venue assez naturellement ».


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