Chez l’interprète, l’art de l’écart

De génération en génération, les danseurs et danseuses classiques se transmettent des pas, des enchaînements, dans une forme de consensus de ce que le ballet doit être. Pour autant, ils prennent plaisir à l’écart et chaque danseur qui reprend un rôle peut imprimer sa marque.

Tout au long du XIXe siècle, les danseuses solistes, à l’Opéra, ont ainsi composé leurs variations, insérant leur propre série de pas dans les ballets, les divertissements et opéras signés par le maître de ballet. Exemple plus récent, Rudolf Noureev, pouvait changer au cours même de la représentation la structure de la coda de Giselle pour surprendre le public. De même, lorsque Mikhaïl Baryshnikov dansa Giselle avec Noëlla Pontois pour la première fois en France en 1976, il introduit dans la version finale d’Albrecht des pas jamais vus en France, que les danseurs de l’Opéra ont repris par la suite.

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Ghislaine Thesmar et Michaël Denard, Ballet de l’Opéra de Paris, années 1980. Fonds Jacq-Médiathèque du CND.
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Élisabeth Platel et Charles Jude, années 1980. Fonds Jacq-Médiathèque du CND.
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Monique Loudières et Patrick Dupond, 1985, Théâtre André Malraux, Rueil-Malmaison. Fonds Jean-Marie Gourreau-Médiathèque du CND.
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Aurélie Dupont et Nicolas Le Riche, Ballet de l’Opéra de Paris, 2006. Fonds Marion-Valentine-Médiathèque du CND.

Il existe ainsi plusieurs versions chorégraphiques de l’acte I de Giselle, et un nombre d’interprétations égal au nombre de représentations. Lors du stage « Parole d’interprète, écriture de la danse » qu’elle donne avec la danseuse Fabienne Ozanne-Paré au CND, Françoise Legrée insiste sur la singularité de chaque interprétation.

Extrait du stage "Parole d’interprète, écriture de la danse" animé par Fabienne Ozanne-Paré et Françoise Legrée, CND, 2005.