Focus Giselle

Matière à retravailler issue du livre  ?

De fait, dans la scène de la folie de Giselle, la folie ne fonctionne pas seulement comme la représentation d’une maladie mais aussi comme l’expérience d’une expressivité poussée à ses limites, où l’interprète «  signe  » tout particulièrement son interprétation en rejouant toutes les contradictions qui traversent sa condition.

La tradition portée par Chauviré envisage cette passion amoureuse de l’acte I sous le signe d’une jouissance sans objet, propre à la vocation religieuse et au sacrifice de soi telle qu’elle s’exprime dans l’acte II. Violette Verdy s’inscrivait, quant à elle, dans une autre tradition d’interprétation du rôle fondée sur la motivation essentiellement amoureuse du personnage possédé par cet amour et témoigne à ce sujet de ce «  moment de vérité  » qu’est cette scène pour une interprète  : «  Vous ne pouvez plus imiter les exemples  » précédents comme «  si l’on se glissait dans la peau d’un autre. Vous devez revenir au pourquoi comme au comment. […] Le contenu ne peut être imité, il doit être compris. […] Le danseur doit toujours en revenir à lui-même et au processus de découverte de soi-même.  »

Se rejouent ainsi deux registres, deux traditions différentes  : l’une dans la droite ligne de sa première interprète (Carlotta Grisi) de la danseuse nonne, «  danseuse chrétienne  » comme aimait la définir Gautier, prise d’une possession mystique, l’autre dans la continuité de la «  danseuse païenne  », Fanny Elssler, en lien avec les représentations de l’hystérie qui se développeront surtout dans la seconde moitié du xixe siècle.

Icono -> Scène de la folie dans Giselle. Reprendre les recherches icono faites pour le livre.

Vidéo MPB / Entretien avec Wilfride Piollet (par Florence Poudru), 2003

3 min - 25:00-28:00 comment reprendre un rôle sans copier, Giselle, comment trouver sa Giselle, on se crée sa propre histoire, phénomène d’appropriation, a tellement vu un rôle qu’elle le connaît pas cœur.

Travail en dehors de l’Opéra, chez soi. En répétition, on ne peut pas travailler, juste on fait. Très compliqué de s’émanciper d’autres interprétations pour trouver la sienne. Difficulté de constater autonomie du rôle, alors que la danseuse a créé sa propre histoire autour du rôle, appropriation.

Vidéo MPB / Entretien avec Wilfride Piollet (par Florence Poudru), 2003

5 min - 35’’-40’’ comment elle aborde la scène de la folie de Giselle. Regarde beaucoup Yvette Chauviré et Alicia Alonso (pas dans la retenue, a d’ailleurs repris certains de ses gestes). Essayer de comprendre comment la folie s’inscrit dans le geste. Beaucoup de lectures sur Gautier, s’immerger dans l’époque, plus que des “grandes Giselle”. S’inspirer d’un peu tout pour trouver ma Giselle.

Grosses différences entre les versions. “je retrouvais mes gestes en tant qu’interprète”

Vidéo  : ML / «  Parole d’interprète, écriture de la danse  », Françoise Legrée et Fabienne Ozanne-Paré, partie 2/4

6 min - 2:07:15-2:13:15 = Scène de la folie. Interprétation intime, ne peut pas imiter des versions antérieures.

«  Pour préparer ma scène de la folie j’avais regardé de nombreuses versions, mais rien ne me convenait. Il faut vraiment chercher en soi, c’est très intime.  »

Vidéo ML / «  Parole d’interprète, écriture de la danse  », Françoise Legrée et Fabienne Ozanne-Paré, partie 2/4

9 min - 2:13:16-2:22:10 (time code à redécouper par rapport à ce passage)

2 :18 :10 : « A force de faire Giselle, on devient folle. J’étais incapable de me relever toute seule. Je mettais deux trois jours avant de récupérer, ça fait peur. On se rend compte qu’on a la folie au fond de nous, elle existe. » = comme pour les acteurs. « Avec l’expérience j’étais capable de sortir du rôle tout de suite » « Je voulais réserver l’interprétation, le côté spontané, pour la scène. »

= travail d’acteur + immersion de l’interprète avec son rôle

9 min - 2:26:41-2:35:18 (time code à redécouper par rapport à ce passage) : Françoise très fougueuse, immersion totale dans le rôle ("balance" autre danseuse), "je voulais que ça soit violent". Retour sur les différents interprètes avec qui elle a dansé.

2 :29 :46 = (Françoise = Giselle très fougueuse / se lève et mime les gestes qu’elle avait -> confusion entre le rôle et sa personnalité. Elle court et balance une danseuse parterre sans s’en rendre compte.) « je voulais pas retenir, je voulais tout laisser sortir » / « chaque interprète dit au prince, aux personnages, moi je le sens comme ça ou comme ça. La scène de la folie, c’est nous, après les garçons réagissent en fonction de ce que l’on fait. » J’étais très violente pendant la scène de la folie, les gens devaient faire attention. Mais je devais le faire, je le sentais au fond de moi. Vraiment personnel, de l’interprétation. « Je basculais dans la folie » « Chaque soir est différent, on n’est jamais complètement pareil. Ça dépend du partenaire aussi, de la fatigue, etc. »

Vidéo ML / «  Parole d’interprète, écriture de la danse  », Françoise Legrée et Fabienne Ozanne-Paré, partie 2/4

24:09-25:35 : Jouer la folie avec les cheveux, effets scéniques. Différentes manières de jouer en fonction des siècles (mélodrame du XIXe par ex).

Vidéo ML / «  Parole d’interprète, écriture de la danse  », Françoise Legrée et Fabienne Ozanne-Paré, partie 2/4

12-21-13:40 : Focus sur les détails concernant les costumes (programmes de l’Opéra, photos, etc.) Les docs permettent d’étoffer la partition.

2:41:20-2:42:55 : Françoise salivait toujours avant scène de folie = "toujours comme la première fois". Effets scéniques par rapport à la coiffure = chignon retenu que par quelques épingles pour libérer les cheveux en retirant le collier + dans les déboulés. Françoise se souvient d’une étoile qui l’a inspirée à reproduire cet effet. Il faut piquer des trucs pour les mettre dans son tempérament. "De toute façon, ça ne rendra jamais pareil." S’approprier des choses = continuer la transmission.

Vidéo ML / Pour illustrer

https://www.numeridanse.tv/videothe...

> Version de 2005 remontée par Yvette Chauviré

Fin acte I ->première partie de la scène de la folie (elle s’effondre par terre à la fin de cet extrait, mais j’ai regardé la captation intégrale et la scène continue un peu après. Cela étant, cet extrait permet quand même d’illustrer le propos, d’autant plus que Françoise Legrée a notamment appris la scène de la folie avec Yvette Chauviré il me semble ?).