Formation professionnelle

La formation d’interprètes de haut niveau fait partie des missions du
Théâtre contemporain de la danse dès sa création, les premiers professeurs invités étant Carolyn Carlson et Larrio Ekson. Les différentes publications du TCD donnent de précieuses indications sur les objectifs, la conception des programmes et la mise en œuvre des différents cours et stages, organisés en partenariat avec l’AFDAS, l’ANPE (qui deviendra Pôle Emploi) et plus tard la DDTE (Direction départementale du travail et de l’emploi) ou encore l’Adami.
Dès la 2e saison, du 17 février au 12 avril 1986, un programme mémorable est proposé aux danseurs professionnels avec l’organisation d’un stage autour de l’école d’Essen (Folkwang Hoschule) avec Jean Cebron, Malou Airaudo, Hans Zullig et Dominique Mercy, stage au cours duquel Pina Bausch propose également un atelier. Plusieurs articles de l’époque nous livrent un témoignage précieux sur cet événement.
Le dossier « T.C.D., mode d’emploi » dans La Lettre de la danse n°4, en juin 1986, livre la liste des autres professeurs invités jusque là : Viola Farber, Kilina Cremona et Roger Méguin, ou encore Régine Chopinot.

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Extraits de La Lettre de la danse n°3, février 86

Entretien entre Jean Cebron et Patricia Kuypers, Pour la danse n°125, mai 86

Le stage de l’École d’Essen dans Le Monde

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Marcelle Michel, Le Monde 29 mars 86

Jean Pomarès
L’expérience des premiers stages de durée limitée, les réflexions conduites avec les différents enseignants et l’écoute des danseurs et chorégraphes conduit peu à peu le TCD à proposer de nouvelles orientations pour son programme pédagogique. Il s’agira désormais d’« établir un véritable état des lieux du niveau technique des danseurs contemporains » et de « proposer des cours techniques réguliers pour les danseurs contemporains, complétés par des ateliers et des approches plus spécifiques, plutôt que des actions parcellaires ».
C’est au danseur, chorégraphe et notateur, Jean Pomarès [1] que revient, à partir de la saison 1989/90, la mission de mettre en place un véritable programme d’entrainement. Il est décliné en quatre modules de huit semaines et fait appel à des pédagogues expérimentés. Les chorégraphes ne sont pas tous des professeurs et Jean Pomarès souhaite « réhabiliter les écoles américaines et allemandes qui créent un corpus de formation complète du danseur reliée à un chorégraphe ou à une pensée comme l’école d’Essen ». Les cours techniques côtoient les ateliers de répertoires. Jean Pomarès fait aussi le choix de ne pas adapter le niveau des cours aux élèves, il tient à garder le niveau voulu auquel les danseurs doivent accéder.
Parallèlement, dans un souci de lier formation et spectacle, la 7e saison voit l’ouverture des studios au public pour assister à certaines classes, aux présentations des travaux des stagiaires ou à des conférences.

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Programme des séances publiques et conférences 1990-91 (a)
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Programme des séances publiques et conférences 1990-91 (b)

En savoir plus sur le programme de cours

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La Lettre de la danse n°10, novembre 89

Le programme d’entraînement proposé par Jean Pomarès

Le dossier complet dans La Lettre de la danse n°11, mars 90

L’enquête de Patrick Bossatti dans La Dépêche n°5, supplément de Pour la danse n°166, 20 mars 1990

Patricia Brouilly
À partir de la 8e saison (1991-92), Patricia Brouilly (jusqu’alors directrice pédagogique et artistique de Canal danse, studio dédié aux nouvelles pratiques en danse contemporaine) succède à Jean Pomarès comme responsable des activités de formation. Elle va s’efforcer de « diversifier, de renforcer aussi la relation de la danse aux autres modes d’expression, de lui donner davantage d’outils à la fois physiques mais aussi de réflexion ».
Face aux problèmes que rencontrent les danseurs pour réunir les conditions nécessaires à la prise en charge de la formation permanente, à leurs difficultés pour se rendre disponibles sur de longues périodes, le Théâtre contemporain de la danse va expérimenter, à partir de l’automne 95, un programme de formation professionnelle individualisé plus souple.

Enfin, en 1997, les activités pédagogiques du TCD sont transférées à l’Association pour la préfiguration du Centre national de la danse (APCND).

Laurence Leibreich

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Présentation du programme pédagogique 1992-93, Bongo 1993

Programme expérimental de formation professionnelle personnalisée. Courrier de Christian Tamet

Le bilan de six saisons de formation par Patricia Brouilly pour le Conseil pédagogique de l’APCND, avril 1997