Grandville, Olivia

Fille de parents comédiens, Olivia Grandville est initiée enfant aux films de comédies musicales. Elle suit
des cours de danse sur le mode de l’improvisation puis des cours de danse classique. A l’âge de douze
ans, elle entre à l’Ecole de danse de l’Opéra de Paris, sans que ce soit au départ une véritable vocation. « 
Je n’ai pas commencé en fantasmant sur la danse classique, sur les pointes et les tutus. Je n’ai pas été
fascinée par ces images là ; c’est venu après, parce que j’ai été prise dans l’histoire. Au départ, quand j’ai
commencé la danse, je prenais des cours d’improvisation sur des musiques indiennes. Le premier
spectacle que j’ai vu n’était pas un spectacle de danse classique, c’était Félix Blaska et Pilobolus. Après, il y
a eu la danse classique et j’ai été fascinée par le travail, la rigueur et toute la mythologie autour de l’Opéra.
 » Douze ans passés au sein de cette institution lui laissent le temps de prendre de la distance face à
cette technique, face à la pédagogie et à une certaine pensée du corps : un rapport à la perfection, à la
difficulté, à la souffrance. « Il fallait devenir étoile de l’Opéra de Paris et hors de ça point de salut. Une
logique implacable. » Pourtant, elle monte les échelons jusqu’à obtenir le statut de sujet, réussite qui ne
lui apporte aucune satisfaction. « J’aboutissais à des formes qui n’étaient pas en accord avec moi-même.
Autour de moi, les autres faisaient de l’art et moi des choses mortes. Je luttais contre mon corps, pas
suffisamment doué. »


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