Introduction

Lorsqu’il décède brutalement en décembre 1992, le chorégraphe Dominique Bagouet, né en 1951, n’a laissé aucune directive quant au devenir de ses œuvres. Très vite, les danseurs de sa compagnie ressentent la nécessité de faire vivre son héritage artistique et fondent, en avril 1993, l’association des Carnets Bagouet.

Comme l’écrit Isabelle Launay dans son ouvrage Poétiques et politiques des répertoires : Les danses d’après, I, ce projet est "unique dans l’histoire des danses contemporaines scéniques : jamais encore, du moins à notre connaissance, un collectif de danseurs pérenne n’avait pris en charge, de sa propre initiative, l’oeuvre d’un chorégraphe de renom pour mettre en place, après sa mort, les conditions de sa transmission et, au-delà, pour penser ce que serait la spécificité d’un répertoire contemporain." [1]

Les Carnets, qui rassemblent des anciens danseurs et collaborateurs de la compagnie n’ont, depuis leur création, jamais cessé d’œuvrer en faveur d’une mémoire vivante de Dominique Bagouet à travers trois objectifs principaux :
la transmission du répertoire et son enseignement
le remontage et la diffusion de pièces
la constitution d’un fonds d’archives et de documentation [2].

Dans le cadre de leur travail de transmission et de pédagogie, les Carnets Bagouet ont organisé de nombreuses manifestations telles que des rencontres, des journées d’études ou encore des universités d’été. Ces événements constituent des lieux privilégiés d’une prise de parole des interprètes où sont débattues bon nombre de problématiques qui ont motivé à la fondation des Carnets : comment construire l’identité des Carnets Bagouet, nouveau modèle de collectif au service d’un répertoire ? Comment, pour reprendre le titre d’un ouvrage d’Isabelle Launay, imaginer et concevoir "la passe d’une oeuvre" entre les interprètes ? [3]

C’est notamment pour tenter de répondre à ces différentes questions qu’une écoute d’une sélection d’enregistrements issus du Fonds Carnets Bagouet est proposée ici.