Introduction

Longue est la durée de vie d’un geste dansé s’il trouve des milieux pour l’accueillir et l’entretenir. C’est ainsi que des œuvres chorégraphiques circulent, se transmettent et se transforment dans le temps. C’est l’idée que développe Isabelle Launay dans son livre Poétiques et politiques des répertoires, les danses d’après, I, auquel ce dossier offre un prolongement numérique.

Dans son ouvrage, Isabelle Launay se penche sur la question du répertoire en danse à travers les exemples du ballet classique et de l’institution du Ballet de l’Opéra de Paris, ainsi que des œuvres de Dominique Bagouet et Merce Cunningham. Mettant au cœur de sa réflexion le travail des danseurs et danseuses, leurs savoir-faire, leurs modes de transmission ainsi que leurs imaginaires, elle montre comment s’invente une tradition en danse.

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Galina Oulanova, La Mort du cygne, extraits d’actualités cinématographiques tirées de La Rage de Pasolini (1963). DR

Puisant dans les collections vidéographiques et iconographiques de la médiathèque du CND, ce dossier numérique se propose de prolonger cette réflexion en se concentrant sur le cas du ballet classique. Françoise Legrée, Fabienne Ozanne-Paré, Wilfride Piollet, Ghislaine Thesmar, Monique Loudières, Kader Belarbi et Loïc Touzé partagent ici leur vision de l’interprétation et de la transmission, avec un focus tout particulier sur le ballet Giselle.

D’où vient le plaisir que l’on ressent aujourd’hui à reprendre, interpréter et regarder ce ballet emblématique du répertoire romantique créé il y a près de deux siècles  ? Selon Isabelle Launay, ce plaisir et la transmission du répertoire classique reposent sur un dispositif qui met en jeu plusieurs éléments entre lesquels une circulation est nécessaire  : la production du ballet, la réception du public mais également la formation des danseurs.