Janine Solane, pour une danse plus humaine

En empruntant ce titre au livre qu’elle a publié en 1950 aux éditions Jacques Vautrain et dans lequel – selon ses mots – elle s’est attachée à répondre à la question « Qu’est-ce donc que la danse et que peuvent dire ces pas ? », le Centre national de la danse présente, durant tout le mois de janvier 2012, dans son atrium et sa médiathèque, une sélection de documents issus du fonds d’archives concernant Janine Solane et sa « Maîtrise de danse », dont a fait don au CND sa fille Dominique, à l’occasion du centenaire de la naissance de la chorégraphe, danseuse et pédagogue.
On peut y découvrir – à travers manuscrits, maquettes, notes de chorégraphie, programmes, photographies, articles, etc. – l’importance de cette artiste singulière, décédée le 17 avril 2006, dont la carrière et l’œuvre marquèrent la danse en France avant et après la Seconde Guerre mondiale et pourtant méconnue de nos jours.

En empruntant ce titre au livre qu’elle a publié en 1950 aux éditions Jacques Vautrain et dans lequel – selon ses mots – elle s’est attachée à répondre à la question « Qu’est-ce donc que la danse et que peuvent dire ces pas ? », le Centre national de la danse a présenté, durant tout le mois de janvier 2012, dans son atrium et sa médiathèque, une sélection de documents issus du fonds d’archives concernant Janine Solane et sa « Maîtrise de danse », dont a fait don au CND sa fille Dominique, à l’occasion du centenaire de la naissance de la chorégraphe, danseuse et pédagogue.
On peut y découvrir – à travers manuscrits, maquettes, notes de chorégraphie, programmes, photographies, articles, etc. – l’importance de cette artiste singulière, décédée le 17 avril 2006, dont la carrière et l’œuvre marquèrent la danse en France avant et après la Seconde Guerre mondiale et pourtant méconnue de nos jours.
Née le 6 janvier 1912, fille du sculpteur Louis Oury, nièce du peintre Marcel Lenoir, Janine Solane a grandit dans un univers où le mouvement et les couleurs régissaient la vie quotidienne. Après un passage à l’école de Léo Staats, de l’Opéra de Paris, elle suit l’enseignement d’Helena Tels Rabenek, sous l’influence d’Isadora Duncan, et découvre la position « hanchée », entre l’élan et le repos, qui va inspirer toute sa danse. Peu à peu, mêlant ses diverses influences, entre danse libre, classique et expressionniste, elle élabore un langage chorégraphique très personnel.
Dès les années 20, l’artiste fait parler d’elle, lors de ses premières apparitions dans des spectacles de music-hall, puis à l’occasion du Championnat international de danse expressive en 1929 (où elle obtient le Premier prix). Elle participe ensuite au concours organisé par les « Archives internationales de la danse » en 1932 (avec ses premières danseuses, elle y présente une pièce juste avant la célèbre Table verte de Kurt Joos !)

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Grande soliste, éprise de personnages forts comme Jeanne d’Arc, Janine Solane (« sculpture en marche », selon l’expression de Dominique Dupuy) est aussi une excellente meneuse de troupe. Avec jusqu’à quatre-vingt danseuses à ses côtés, elle est très présente sur les scènes parisiennes et de province jusque dans les années 1960, et notamment au Palais de Chaillot dès son inauguration en 1938.
Parallèlement à ses nombreux solos caractéristiques de son style de danse (par exemple « La Folia » en 1937 ou « Saint Sébastien sous les flèches » en 1943), Janine Solane crée avec « sa Fugue » en sol mineur, en avril 1941, une de ses œuvres majeures, née de la musique de Bach jouée par Maurice Duruflé sur les orgues de Chaillot, « une danse qui n’exprime rien », « uniquement un plaisir de trajectoires et de sons mêlés ».
Elle attire aussi un large public, tout en divisant fortement la critique, avec de grandes fresques chorégraphiques à message, composées sur des œuvres musicales majeures comme « La Symphonie pastorale » en 1946 (sur la musique de Beethoven) :

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ou « La Grande Passacaille » en 1949 (Bach) :

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Tout au long de son œuvre, ses chorégraphies, souvent empreintes d’une inspiration spirituelle, seront caractérisées par cette relation étroite aux grandes œuvres du patrimoine musical. En 1962, elle réalise une « Belle au bois dormant », drame-féerie d’après le conte de Perrault, sur une musique de Vivaldi et avec la voix de Gérard Philipe.

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Impliquée dès sa jeunesse dans une réflexion sur la pédagogie de la danse, l’artiste ouvre en 1932 à Paris, au sein du Montparnasse artistique, une école baptisée « Maîtrise de danse Janine Solane », qui pilotera plus tard tout un réseau d’écoles Solane sur le territoire. La Maîtrise, désormais dirigée par sa fille Dominique, accueille toujours de nombreuses élèves formées selon la méthode originale conçue par Janine Solane, celle d’une danse classique dite « naturelle ». À partir du vocabulaire académique, cette méthode enseigne des mouvements qui vont dans le sens du « développement naturel du corps » de l’enfant et privilégie un apprentissage de la danse par le jeu. Les élèves, à partir des acquis techniques et d’une écoute de la musique, sont très vite investis dans des compositions chorégraphiques mettant en scène des contes ou histoires nés de leur imagination.

Laurent Sebillotte (6 janvier 2012)


Voir en ligne : http://mediatheque.cnd.fr/spip.php?...