La danse libre, d’Isadora Duncan à François Malkovsky

On appelle danse libre un courant chorégraphique né au début du XXe siècle, basé sur la recherche des mouvements naturels du corps en dehors de tout formalisme. Ce courant international, initié par Isadora Duncan (1877-1927), influença de nombreux chorégraphes et marqua les débuts de la danse moderne.

Dans la mouvance de la théorie de l’expression mise en place par François Delsarte (1811-1871) et revendiquant une filiation directe à la danse grecque antique, Isadora Duncan souhaite délivrer le corps de toute contrainte culturelle et idéalise un retour à la nature. Elle oppose sa danse à la technique classique qui, selon elle, opprime le corps et le fige autour de positions statiques. Se présentant sur scène en simple tunique, sans décor et en osmose émotionnelle avec la musique, elle conçoit le plexus solaire comme source de la pulsion intérieure qui permet au mouvement de rayonner telle une onde énergétique, dans un rythme de flux et de reflux. Elle connaît un grand succès en Europe à partir de 1900 et, convaincue de l’importance de l’éducation des enfants, ouvre des écoles de danse à Berlin, Moscou et Meudon, ce qui contribuera à propager son style.

Cette danse libre, au croisement des influences d’Isadora Duncan et des pratiques delsartistes mais aussi de la Rythmique d’Emile Jaques-Dalcroze (1865-1950), va susciter un engouement international. La Russie, notamment, est enthousiasmée par ce style qui stimule de multiples expérimentations chorégraphiques. Michel Fokine (1880-1942), par exemple, s’imprègne de la fluidité des mouvements duncaniens et rejette une virtuosité qui éloigne de l’expressivité et de la beauté. Il s’inspire de la relation particulière à la musique qu’entretient la danseuse.

En France, François Malkovsky (1889-1982), Irène Popard (1894-1950) ou encore Janine Solane (1912-2006), dont la médiathèque du Centre national de la danse possède des fonds d’archives, ont hérité – chacun à sa façon – de ces influences et forgé des méthodes originales toujours à l’œuvre de nos jours.

François Malkovsky décide de se consacrer à la danse libre après avoir découvert Duncan à Paris. À partir des années 1920, il se produit sur les scènes et donne en parallèle des cours de danse. Sa méthode, inspirée du rythme naturel et qu’il qualifie « d’art de vivre », est basée sur un corps libéré des tensions excessives et des efforts inutiles.
Irène Popard parle, elle, de « révélation » quand elle découvre Duncan aux États-Unis. Elle se forme ensuite auprès de Georges Demeny (1850-1917) ainsi qu’à la Rythmique Dalcroze et fonde la Gymnastique harmonique et rythmique, méthode à visée éducative mais également artistique. Cette méthode, exclusivement féminine, va connaître un grand succès en France grâce à la création de nombreuses écoles.
Janine Solane, quant à elle, se forme à la danse classique et expressionniste ainsi qu’au style duncanien pour créer une danse « classique naturelle » à la croisée de ces techniques et fondée sur la relation à la musique. Elle crée très jeune une Maîtrise de danse, à la fois école et compagnie, qui participe à ses très nombreux spectacles.

La danse libre, d’Isadora Duncan à François Malkovsky : un courant majeur du XXe siècle

[Extrait vidéo de "La mer après l’orage" de François Malkovsky]

On appelle danse libre un courant chorégraphique né au début du XXe siècle, basé sur la recherche des mouvements naturels du corps en dehors de tout formalisme. Ce courant international, initié par Isadora Duncan (1877-1927), influença de nombreux chorégraphes et marqua les débuts de la danse moderne.

Dans la mouvance de la théorie de l’expression mise en place par François Delsarte (1811-1871) et revendiquant une filiation directe à la danse grecque antique, Isadora Duncan souhaite délivrer le corps de toute contrainte culturelle et idéalise un retour à la nature. Elle oppose sa danse à la technique classique qui, selon elle, opprime le corps et le fige autour de positions statiques. Se présentant sur scène en simple tunique, sans décor et en osmose émotionnelle avec la musique, elle conçoit le plexus solaire comme source de la pulsion intérieure qui permet au mouvement de rayonner telle une onde énergétique, dans un rythme de flux et de reflux. Elle connaît un grand succès en Europe à partir de 1900 et, convaincue de l’importance de l’éducation des enfants, ouvre des écoles de danse à Berlin, Moscou et Meudon, ce qui contribuera à propager son style.

Cette danse libre, au croisement des influences d’Isadora Duncan et des pratiques delsartistes mais aussi de la Rythmique d’Emile Jaques-Dalcroze (1865-1950), va susciter un engouement international. La Russie, notamment, est enthousiasmée par ce style qui stimule de multiples expérimentations chorégraphiques. Michel Fokine (1880-1942), par exemple, s’imprègne de la fluidité des mouvements duncaniens et rejette une virtuosité qui éloigne de l’expressivité et de la beauté. Il s’inspire de la relation particulière à la musique qu’entretient la danseuse.

En France, François Malkovsky (1889-1982), Irène Popard (1894-1950) ou encore Janine Solane (1912-2006), dont la médiathèque du Centre national de la danse possède des fonds d’archives, ont hérité – chacun à sa façon – de ces influences et forgé des méthodes originales toujours à l’œuvre de nos jours.

François Malkovsky décide de se consacrer à la danse libre après avoir découvert Duncan à Paris. À partir des années 1920, il se produit sur les scènes et donne en parallèle des cours de danse. Sa méthode, inspirée du rythme naturel et qu’il qualifie « d’art de vivre », est basée sur un corps libéré des tensions excessives et des efforts inutiles.
Irène Popard parle, elle, de « révélation » quand elle découvre Duncan aux États-Unis. Elle se forme ensuite auprès de Georges Demeny (1850-1917) ainsi qu’à la Rythmique Dalcroze et fonde la Gymnastique harmonique et rythmique, méthode à visée éducative mais également artistique. Cette méthode, exclusivement féminine, va connaître un grand succès en France grâce à la création de nombreuses écoles.
Janine Solane, quant à elle, se forme à la danse classique et expressionniste ainsi qu’au style duncanien pour créer une danse « classique naturelle » à la croisée de ces techniques et fondée sur la relation à la musique. Elle crée très jeune une Maîtrise de danse, à la fois école et compagnie, qui participe à ses très nombreux spectacles.