La direction artistique

La conférence de presse ministérielle du 26 avril 1984 est l’occasion de préciser que « la programmation sera établie par le Délégué Général et soumise pour accord à un comité composé : d’un représentant de l’Inspection de la Danse au Ministère de la Culture, d’un représentant du Théâtre de Paris, de deux personnalités désignées par le Ministère de la Culture (M. Guy Darmet, Directeur de la Maison de la Danse de Lyon et de la Biennale Internationale de la Danse, et M. Michel Reilhac, Directeur Général du C.N.D.C. d’Angers) ».

« TCD, mode d’emploi » (in La Lettre de la danse, n°4, juin 1986) indique une nouvelle composition à partir du 6 mai 1986 : Gérard Violette, directeur du Théâtre de la Ville, Jean-Paul Montanari, directeur du Festival International Montpellier Danse, Marcel Bonnaud, responsable des espaces communs du Centre Pompidou. Il est précisé que ce comité se réunira une fois par trimestre. Puis, en 1988 (entretien conduit par Dominique Frétard, La Lettre de la danse, n°8), Christian Tamet indique une nouvelle composition : Odile Duboc, Brigitte Lefèvre, Jean-Marc Adolphe et lui-même.

Dans le même entretien, il assure que « dès qu’une compagnie est programmée par nous dans le cadre d’un accueil ou d’une coproduction, elle est défendue objectivement par toute l’équipe. Quant à mes goûts personnels, disons que cela relève d’un territoire privé qui n’a d’intérêt que pour ceux qui y ont accès. Cette mission n’est pas de me procurer du plaisir, mais de contribuer au développement de l’ensemble de la vie chorégraphique contemporaine ». Contrebalançant quelque peu cette annonce, il est à relever qu’en entretien, Christian Tamet n’a aucune gêne en 2014 à relativiser l’influence effective du comité de programmation (dont il évoque le fonctionnement comme d’aimables repas au restaurant), à revendiquer fermement les choix opérés, à expliquer par exemple la large absence de la « non danse » comme relevant de son manque de goût pour ses formes. A l’inverse, la très large place fait au hip hop à partir de 1992 reste, dans les mémoires, largement associée à son nom, tandis que – dans un autre registre – il est difficile de considérer que l’attention soutenue portée à la carrière de Régine Chopinot [1]soit totalement étrangère à la relation très fidèle qu’il entretient avec cette artiste, après en avoir été l’administrateur de sa compagnie.

En ce qui concerne les moyens financiers consacrés à cette activité de programmation et de diffusion, une mention chiffrée, toujours dans « TCD, mode d’emploi » (La Lettre de la danse, n°4, juin 1986) donne les précisions suivantes : « Les cachets étaient de l’ordre de 60 000 francs [environ 9 000€, compte non tenu de l’inflation depuis lors] pour 5 à 6 représentations (tout compris) durant la première saison, puis de 90 000 francs pour la seconde [environ 13 500€]. […] La troisième saison permettra d’offrir […] des budgets d’accueil de l’ordre de 100 000 francs [environ 150 000€] pour une semaine ».

Gérard Mayen