La notation du mouvement

Depuis le manuscrit de Cervera (Espagne, Catalogne), datant du XVe siècle et plus ancien témoignage d’écriture du mouvement retrouvé en Occident, plus de cent systèmes de notation ont vu le jour, sans qu’aucun ne s’impose réellement et durablement comme référence unique.
Si l’on compare cette évolution à celle de l’écriture musicale, le contraste est flagrant. L’écriture musicale s’est développée, de l’époque grégorienne au XVIIIe siècle, de manière très unifiée, dans la mesure où l’évolution de la musique et de l’écriture ont été menées de concert au sein des élites éduquées européennes.
En danse, les premiers systèmes d’écriture ont été élaborés entre le XVe et le XVIIIe siècle, mais la Révolution française a marqué une rupture dans les pratiques. Ann Hutchinson-Guest a montré en effet que la fin du ballet de cour en France, puis la stigmatisation de la danse à l’ère victorienne en Angleterre, ont conduit à un recrutement massif des danseurs dans les milieux populaires. La pratique de la danse s’est alors détachée de préoccupations liées à l’écriture. Si par la suite des systèmes d’écriture du mouvement sont nés à partir de la seconde moitié du XIXe siècle, aucun n’est parvenu à s’imposer.


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