Le panel de programmation

Notre approche étant ici statistique, nous préférons user de la notion de « panel » de programmation, plutôt que de celle, plus qualitative, voire subjective, de « choix de programmation ». Notons, en outre, qu’une analyse plus approfondie encore des programmations par chorégraphe pourrait permettre de faire apparaître des enseignements plus nuancés ou précis.
On compte sur l’ensemble des 15 saisons du Théâtre contemporain de la danse, 115 chorégraphes (ou combinaisons de chorégraphes partageant une signature conjointe) différents figurant à l’abonnement (« parisien ») . 48 apparaissent à l’abonnement Île-de-France, dont 14 n’apparaissent pas dans le cadre de programmation strictement « parisien », parmi lesquels Karole Armitage, Michèle-Anne De Mey, Laura De Nercy (compagnie Roc in Lichen), Nicole Mossoux et Patrick Bonté, ou encore Tomeo Vergès. 88 artistes sont programmés au « studio », en spectacles offerts aux abonnés, dont 66 n’apparaissent pas dans le cadre de l’abonnement « parisien ».
Cette forte proportion de programmation exclusive au studio d’une part, ce que l’on peut savoir des carrières ultérieures d’un certain nombre d’entre eux (restées sans suite, ou de faible écho), tout comme l’apparition de préférence dans cette programmation de figures qui seront reconnues dans le cadre des nouvelles esthétiques de la déconstruction (Emmanuelle Huynh, Xavier Le Roy, Rachid Ouramdane, Alain Rigout), constituent autant d’indices du caractère plus exploratoire, disponible aux essais et découvertes, de cette programmation au côté du « vaisseau-amiral » de l’abonnement parisien, et de la « frégate » Ile-de-France. Au total, ce sont donc 195 chorégraphes différents que le TCD aura mis à son affiche, dans ses trois plateformes de programmation au cours de ses quinze années d’existence.

Ces chiffres devraient être corrigés, et augmentés vraisemblablement, au regard des spécificités de la programmation hip-hop, très présente à partir de la 8e saison (1991-92) [cf. section « Soutien au hip hop »]. En effet, 27 compagnies hip hop font alors leur apparition en programmation, mais sans mention de noms de chorégraphes dans les supports de communication, qu’il en aille de leur philosophie attachée à des collectifs sans auteur prédominant, ou de la fragilité de structuration de compagnies très jeunes, ou encore de programmations tardives, évolutives selon les documents, de plateaux comprenant plusieurs courtes pièces, extraits, démonstrations et essais d’un nombre important de chorégraphes, groupes, collectifs, compagnies. Pour cette raison, ces artistes hip hop sont absents du panorama des saisons, même s’il est très possible que certains groupes soient, quelque temps après une première diffusion, finalement annoncés avec un chorégraphe dûment répertorié.

Gérard Mayen

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La programmation par chorégraphe

Le panorama des saisons