Les coproductions

« TCD mode d’emploi » (in La Lettre de la danse, n°4, juin 1986) indique comme une nouveauté la possibilité, pour la troisième saison (1986-87), dans le cadre de coproductions, d’offrir des budgets de création de l’ordre de 200 000 francs (environ 30 000€, compte non tenu de l’inflation depuis lors) à trois compagnies.
La brochure de saison suivante (1986-87) fait en effet apparaître trois pièces, respectivement de Claude Brumachon, Elinor Ambash et Jacques Patarozzi, avec mention « coproduction », toutes programmées à la Maison des Arts de Créteil. Ce sera le cas d’une pièce en 1987-88 (Mark Tompkins, même lieu), de deux en 1988-89 [Elsa Wolliaston au Café de la danse ; la compagnie Artefact (Vincent-Dumeix) au Centre Pompidou], de trois en 1989-90 [Odile Duboc avec Insurrection à Créteil, Daniel Larrieu et Sidonie Rochon au Théâtre de la Bastille], de huit (exceptionnel !) en 1990-91 [Geneviève Sorin (Café de la danse), Brigitte Farges (Centre Pompidou), Christian Bourigault (Hôpital éphémère), compagnie barcelonaise Lanonima imperial, François Raffinot et Cremona-Méguin (tous trois à l’Opéra-Comique), Hervé Robbe (Théâtre de la Bastille), Patrick Bossatti (Centre culturel suédois)], et de sept en 1991-92 [Michel Kelemenis (auditorium du Châtelet), Marceline Lartigue, Bernard Menaut, Geneviève Sorin et Thierry Smits (tous quatre au Centre Pompidou), Christian Bourigault (Théâtre de la Bastille), Régine Chopinot (Grande halle de la Villette)]. Christian Bourigault est à nouveau « coproduit » l’année suivante (programmation au Théâtre de la Bastille), puis plus aucune mention de coproduction n’apparaît, de la 10e à la 15e et dernière saison (1993 à 1999), sur les documents de communications de l’association.

Des nuances mériteraient sans doute d’être apportées à ce diagnostic. En effet, toutes les mentions de coproduction recouvrent-elles un seul et même format homogène d’engagement du TCD, ou au contraire des réalités assez distinctes ? D’autre part, le fait que la mention « coproduction » n’apparaisse pas sur la documentation publique signifie-t-il qu’il n’y en a pas eu qui n’auraient peut-être pas été mentionnées ? Certains choix en matière de communication n’auraient-ils pas conduit à considérer qu’il y avait là des considérations qui n’intéressent en rien le public ? Comment ne pas estimer, par exemple, que les productions Mouv’Danse ne soient pas typiquement des coproductions du TCD ? Par ailleurs, il faut relever à quel point déjà les formulations ne cessent de varier dans des domaines cousins, lorsqu’il faut désigner que telle programmation se fait en accord avec, ou avec l’aide de, ou accueillie par, ou dans le cadre de la saison de tel ou tel établissement.
Par ailleurs, notons que pour la saison 1991-92, nous avons écarté du précédent décompte quatre pièces portant la mention « coproduction » mais toutes présentées en une seule soirée sous l’appellation partagée de « Un hommage de la danse contemporaine à Mozart », pièces pour lesquelles la notion de « commande » serait peut-être plus appropriée. Les artistes concernés dans ce cas sont : Héla Fattoumi et Eric Lamoureux, Jean-Marc Colet, Corinne Perrin et Thierry Niang, William Petit.

Pour en rester à la liste des vingt-cinq spectacles en coproduction établie plus haut, on notera sa diversité stylistique et son renouvellement au fil des années, avec l’exception de Christian Bourigault qui bénéficie seul de trois coproductions. Il apparaît par ailleurs que, parmi les vingt-et-un artistes bénéficiaires, seuls quatre [1] font par ailleurs partie du groupe de tête des dix-sept repérés comme les plus fréquemment programmés par le TCD (cinq fois ou plus sur quinze saisons). On peut donc conclure à une ouverture effective d’un dispositif dont la valeur ajoutée est suffisante pour que toutes les pièces ainsi soutenues soient incluses dans l’abonnement de saison historique et parisien (et non en Ile-de-France ou au studio).

Gérard Mayen