« Mana danse de nada »

Après des années de dessins de danse en studio, Patrick Bossatti entreprend finalement de dessiner « de la danse sans le support visuel d’un corps qui bouge et la nécessité de le retranscrire dans son élan ». Fin 1987, il fait cadeau au danseur Bertrand Lombard d’un cahier contenant, sous le titre de « Mana danse de nada », une sorte de partition dont l’interprète va s’emparer, « exposant, par un long échange entre patience et précisions, sa propre lecture des pages dessinées » tandis que le dessinateur observe, affine et guide cette interprétation.

Après des mois d’un tel déchiffrage de la partition dessinée, à l’été 1989, les deux artistes partent au Ladakh, grâce à une bourse « Villa Médicis hors les murs », pour danser et redessiner à partir de son exécution cette « Mana danse » en perpétuel développement, un travail commun dont témoigne une série d’aquarelles réalisées là-bas.

« Mana danse de nada », cette « histoire de la patiente et méticuleuse lecture gestuelle d’une partition de danse préalablement déposée sur carnet de croquis », produit ainsi une danse née du dessin mais qui chaque fois y retourne, avant de revenir mouvement, lors d’un cérémonial d’abord intime mais qui va peu à peu, et naturellement, devenir public.

Après le retour du Ladakh, en effet, la partition, entre danse et dessin, va être interprétée régulièrement en situation de représentation, pendant plusieurs années, toujours à la lumière du jour et donnant lieu chaque fois à une nouvelle production graphique, comme lors du festival d’Avignon en 1990, au Parc Vendôme d’Aix-en-Provence en 1992, ou à Tel Aviv en 1993.


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