Mère (La)

En 1921, Isadora Duncan (1877-1927) est invitée par le commissaire à la Culture de la toute jeune Union soviétique, à venir fonder à Moscou une école de danse gratuite. C’est la consécration du rêve de toute une vie, celui d’une danse enfin accessible à tous(1). L’artiste américaine chorégraphie des danses de groupe sur des chants russes populaires ou révolutionnaires, notamment sur l’hymne communiste de l’Internationale. Ses étudiants les dansent en tournée à travers les républiques de l’Union Soviétique, dans des théâtres, mais aussi dans des usines. C’est de cette période que date « La Mère », l’un des trois solos chorégraphiés par Isadora Duncan pendant son séjour en URSS. Avec l’ « Etude révolutionnaire » et « La Traversée », « La Mère » appartient au triptyque, dit des « Impressions de Russie », que Duncan règle sur des études pour piano - op. 2, n° 1 pour « La Mère » - du compositeur russe Alexandre Scriabine (1872-1915). Cette oeuvre, représentative de la dernière phase créative de la danseuse - elle mourra accidentellement à Nice en 1927 -, se signale par sa chorégraphie épurée, au service d’une grande intensité dramatique.


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