Prévenir l’influence du geste répétitif sur la posture par Philippe Campignion

Philippe Campignion
Masseur-kinésithérapeute et formateur
Formé à la méthode Mézières et la méthode des chaînes musculaires et articulaires Godelieve Denys-Struyf.
Il enseigne à l’association Mézièriste internationale de kinésithérapie (A.M.I.K.) jusqu’en 2009, puis devient directeur de l’enseignement à l’Institut des chaînes et techniques G.D.S. (I.C.T.G.D.S.) de 1987 à 2012. Directeur du Centre de Formation Philippe Campignion, il est intervenant à l’Institut national de la kinésithérapie - Paris et à l’école de kinésithérapie Le Parnasse - ISEI - Bruxelles. Il est également l’auteur de plusieurs ouvrages

Philippe Campignion (Masseur-kinésithérapeute et formateur)
Les pathologies inhérentes à la pratique de la danse sont parfaitement identifiées. Travailler avec une trop grande amplitude articulaire est dommageable pour les articulations. Pour le danseur, comme pour le sportif de haut niveau, le problème réside dans la difficulté à réaliser des prouesses de mouvement sollicitant trop fortement le corps, tout en respectant la physiologie. Dépasser l’amplitude physiologique du grand écart ou de l’en-dehors, l’hyper-rectitude cervico- dorsale, l’hyper-lordose dorso-lombaire, l’hyperlaxité sont autant de risques à long termes. L’analyse de la posture de nombreux danseurs permet de mettre en évidence une posture type, possible terrain prédisposant à certaines de ces pathologies. Le concept des chaînes musculaires et articulaires G.D.S. (Godelieve Denys-Struyf) précise cette interaction, en associant cette posture à l’activité préférentielle regroupée en chaînes de tension myo-fasciale. Face à des professionnels qui n’écoutent pas toujours le signal d’alarme que représente la douleur, et qui ne consultent que lorsque la pathologie est déja bien installée, la solution passe par la prise de conscience de la bonne physiologie corporelle et son intégration par le vécu, afin de pouvoir gérer l’équilibre corporel au quotidien. Ne plus se contenter de maîtriser son corps, mais apprendre à l’écouter, à l’aimer. La reprogrammation d’une respiration physiologique est particulièrement indiquée dans ce cas : susciter, par le vécu, la prise de conscience des gestes justes (respect de la bonne physiologie corporelle) puis répéter ces mouvements en parallèle à l’entraînement, de façon à les ré-automatiser. Une conclusion en forme de questions : jusqu’où peut-on aller dans la performance ? Le thérapeute doit-il cautionner les excès, car c’est le plus souvent ce que nous demandent les patients ?