Un « ballet école »

Un ballet du répertoire classique est aussi à lui seul un dispositif de transmission. Année après année, la mémoire se transmet sur le mode de l’imprégnation  : tout au long de sa carrière – du statut d’enfant et de figurant à celui d’étoile –, un danseur peut en effet traverser l’ensemble des rôles proposés par un seul ballet, dès lors que la hiérarchie des rôles constitue en elle-même une série de niveaux à franchir.
C’est le cas de Giselle mais aussi de La Belle au bois dormant ou du Corsaire.

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Dans ses souvenirs d’enfance, Tamara Karsavina rapporte qu’à Saint-Pétersbourg, à la fin du xixe siècle, «  suivant la tradition, le dernier acte du ballet avait la forme d’un divertissement et souvent on y introduisait une danse pour les élèves afin de les habituer à paraître sur la scène6  ». La fréquentation de la scène permettait aux tout jeunes danseurs de connaître par cœur la plupart des rôles, longtemps avant d’avoir à les jouer eux-mêmes.