Interprètes et répertoire au tournant des années 1990

« Ouvriers de la danse », « interprètes-inventeurs » ou porteurs de répertoire : quel rôle pour les danseurs au sein de la création chorégraphique française ? A ce moment-clé du tournant des années 1990, le débat s’engage publiquement.

Une compagnie d’interprètes  : La Ronde

Récital en duo (1994-1996)

Présentation

Premier véritable programme de la compagnie La Ronde, Récital en duo est créé au Théâtre national de Bretagne (Rennes), dans le cadre du festival Duos 94, en février 1994, à l’issue d’une résidence d’un mois ponctuée d’ateliers et de rencontres autour de la mise en corps imaginée à partir de La Dérive des continents (janvier 1994).

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Extrait du programme du Théâtre national de Bretagne pour le festival Duos 94, février 1994

Démonstration des choix artistiques de La Ronde, ce programme à géométrie variable, réunit des extraits de pièces chorégraphiques d’auteurs et époques diverses, déployant un éventail de modalités de transmission : avec ou sans chorégraphe, avec ou sans image, avec ou sans réécriture... Le principe fondateur de la compagnie est ainsi poussé à son expression maximale.

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Feuille de salle du Dix-Huit Théâtre, octobre 1995 (4 p.)
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Extrait du programme du Théâtre de Cherbourg, mai 1995

Contenu du programme

Le programme se compose des 5 duos suivants :

  • Le duo final des Petites pièces de Berlin (1988) de Dominique Bagouet (7 minutes) : une "danse d’approche amoureuse", transmise avec l’accord des Carnets Bagouet, par Catherine Legrand, ancienne danseuse de Dominique Bagouet, et illustrant la modalité de transmission d’interprète à interprète.

  • Mary W. : création de D. Brunet inspirée du visionnage du dernier solo de la chorégraphe-interprète Mary Wigman ("Adieu et merci", 1942) dans laquelle les interprètes se succèdent. Sans prétendre à la reconstitution, les danseurs proposent une évocation sensible à partir de traces d’archives, une “façon de rentrer par l’émotion dans les gestes d’une danseuse”.

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Notes de Bertrand Lombard à partir des indications de D. Brunet, détaillant les différents montages d’images du solo de M. Wigman, présentés en boucle sur les moniteurs à la Fondation Cartier (6 p.)
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Indications de Dominique Brunet concernant le visionnage d’"Adieu et merci" (1 p.)

  • Duo extrait de La semaine des quatre jeudis de Valérie Rivière-Cie Paul Les Oiseaux : créé en 1988, ce duo était à l’origine interprété par deux jeunes danseuses. A la demande de Dominique Brunet et Bertrand Lombard, la chorégraphe a accepté de le leur transmettre dans un esprit légèrement décalé, se prêtant ainsi au jeu de la transmission par une adaptation sur mesure.

  • Triste valse : création originale de B. Lombard adaptée à la forme duelle à partir du solo.

  • La dérive des continents, éléments pour un duo : montage chorégraphique de Dominique Brunet et Bertrand Lombard imaginé avec l’aide d’Alain Neddam, d’après "dix séquences de croquis, légers et précis" [1], fruit d’une commande faite à Patrick Bossatti, constituant la partition.

A partir de 1995, deux nouveaux duos viendront renouveler le contenu du programme, en alternance avec Triste valse et La dérive des continents :

  • Terre grenadine de Daniel Larrieu (1986) que Bertrand Lombard interpréta lors du Concours de danse de la Ville de Paris et avec lequel il remporta le premier prix. La pièce prit également place lors du programme présenté par la compagnie Astrakan en 1988.
  • Dévoilé, extrait d’une création de Stéphanie Aubin (1985)
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Feuille de salle du Centre culturel Boris Vian-Les Ulis, 4 avril 1996


[1Dominique Frétard, "La mécanique des hommes", Le Monde, 25 février 1994