Ce dossier documentaire propose un parcours dans les collections de la médiathèque autour de la composition chorégraphique. Vous y trouverez :

Enfin, consultez ci-contre notre sélection de fiches repères !



« Au puits de l’épervier », Fonds Hideyuki Yano

La danse s’élabore dans le secret des studios, dans une relation singulière entre chorégraphe et interprète. Cette étape essentielle mais peu connue de la création chorégraphique prend des chemins divers selon les époques et les styles, et ce, d’autant plus aujourd’hui où la recherche se veut souvent transdisciplinaire.

Jusqu’au XIXe siècle, la danse s’appuie sur un répertoire de pas et de figures avec lequel la danse moderne rompt au XXe siècle. Les chorégraphes cherchent alors à forger leur propre langage. Isadora Duncan libère le mouvement à la recherche d’une danse organique tandis que le compositeur Louis Horst forme toute une génération de chorégraphes américains qui vont travailler sur une structuration chorégraphique proche de la structure musicale. Dans les années 1950-1960, les recherches de Merce Cunningham et John Cage affranchissent la chorégraphie de tout cadre (musical, spatial, temporel) et ouvrent un champ infini de recherche. L’improvisation est souvent mise en jeu lors des processus de composition et cet élément alors essentiel du travail de studio peut être conservé jusqu’à la représentation. L’œuvre est ainsi renouvelée partiellement, voire intégralement, à chaque présentation publique.

Ces processus souvent très personnels peuvent se retrouver dans les « papiers » des chorégraphes sous forme de dessins, croquis, notes descriptives, mots isolés, tracés, plans, grilles. Autant de façons de transcrire la pensée en mouvement, qui prennent place dans le processus de composition. Parfois simple mémoire d’une chorégraphie existante, mots et traits peuvent également décrire ce qui s’est joué dans le studio. Véritable plongée dans l’outillage chorégraphique de l’artiste ou ballade dans son imaginaire, ces notes conceptualisent parfois le mouvement ou en sont le reflet émotif.
Les fonds d’archives de la médiathèque du Centre national de la danse sont riches de tels écrits, hétérogènes et surprenants. A côté de l’œuvre et loin de s’y substituer, ils rendent compte de la démarche et des réflexions successives qui sont à l’œuvre dans le travail de création chorégraphique. La diversité de ces écrits témoigne de la diversité de cet art et des chemins multiples qui le constituent.


Notes de chorégraphes : florilège





Léone Mail, "L’Oiseau de feu" de Serge Lifar (extraits)

Léone Mail (1916-2001) devient en 1954, date de création de « L’Oiseau de feu », l’assistante de Serge Lifar à l’Opéra de Paris en tant que répétitrice générale des ballets. Fidèle au chorégraphe depuis sa jeunesse, elle note sur des cahiers ses chorégraphies qu’elle aura l’occasion de remonter à maintes reprises. Ces notes de « L’Oiseau de feu » datent de la création de la pièce avec les solistes Nina Vyroubova (l’oiseau), Youly Algaroff (le Prince), Christiane Vaussard (la Princesse) et Serge Lifar lui-même (Kotscheï).
Léone Mail transfert sur le papier la carrure musicale sous forme de séries chiffrées, qu’elle émaille de descriptions de pas, de petites figurines aux
positions indicatives et de tracés suggérant déplacements et directions.

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Lycette Darsonval, "Sylvia" (extraits)

Ballet créé initialement en 1876 par Louis Mérante, « Sylvia » connait par la suite de nombreuses versions. Lycette Darsonval en devient l’interprète phare, en premier lieu dans la version de Serge Lifar (de 1941 à 1944), puis dans celle d’Albert Aveline à partir de 1946. Elle conçoit elle-même un arrangement chorégraphique pour sa propre compagnie qui tourne en France et à l’étranger avec un effectif réduit. Enfin l’Opéra de Paris lui demande en 1979 de chorégraphier une nouvelle production du ballet.
C’est à cette occasion qu’elle remplit deux cahiers de notes de chorégraphie où elle met le plus souvent en regard sur la double page du cahier, l’action narrative et le croquis de la scène représentant la position et les déplacements des danseurs.

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Hideyuki Yano, "Rivière Sumida"

Créée en 1976, cette pièce s’inspire du nô japonais "Sumidagawa". Ce premier duo avec Elsa Wolliaston où les deux danseurs s’inventent un rituel commun, sera fondateur du groupe Ma danse rituel théâtre.
Les trois feuilles de notes de chorégraphie qui retracent cette pièce mettent en évidence la relation fusionnelle entre les deux personnages du nô d’origine, une mère folle et le fantôme de son fils mort.

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Hideyuki Yano, "Au puits de l’épervier" (extraits)

Hideyuki Yano crée, avec “Au puits de l’épervier” (Avignon, 1983), une œuvre teintée à la fois de théâtre poétique (la pièce s’appuie sur le texte de William Butler Yeats) et de théâtre nô (origine de l’inspiration de Yeats). Il y mêle ainsi danse, théâtre et musique (commande a été passée à Yoshihisa Taïra) mais aussi marionnettes grâce au travail de Goury.
Ces notes font apparaître le rôle structurant du chiffre trois dans l’élaboration de la pièce, chiffre "omniprésent dans la tradition du nô, dans la trinité chrétienne et, aussi, dans l’univers artistique et intime de Yano" souligne Chantal Aubry. Yano l’explique dans un entretien avec cette dernière paru dans "Libération" en juillet 1983 : "Tout est fondé sur le chiffre trois. Moi, je suis un homme triple. [...] Pour chaque personnage, la représentation est triple. Il y a le danseur, la représentation et le regard. Ou si l’on veut la manipulation : c’est à dire la marionnette" [1].

[1Chantal Aubry, Yano, un artiste japonais à Paris, Pantin : Centre national de la danse, 2008.

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Four solaire, Anne-Marie Reynaud, "Vertige exquis" (extraits)

Cette pièce, créée en 1981 par le Four Solaire au Petit TEP (Paris), réunit Anne-Marie Reynaud, Jean-Christophe Bleton, Odile Azagury, Gisèle Gréau et Daniel Larrieu. Les pages du cahier de notes d’Anne-Marie Reynaud nous révèlent une structure très théâtrale, découpée en séquences narratives dans lesquelles se meuvent des personnages touchants et grotesques incarnés par les danseurs.

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François Raffinot, "Rift" (extraits)

François Raffinot crée "Rift" en 1997 dans le cadre du festival Octobre en Normandie. Ayant débuté son travail chorégraphique dans les années 80 à travers la danse baroque et notamment au sein de la compagnie Ris et danceries, il adopte un vocabulaire résolument contemporain à son arrivée à la tête du Centre chorégraphique national du Havre Haute Normandie en 1993. Il conserve pourtant de sa période baroque une relation essentielle à la musique. Il fait appel pour "Rift" à deux compositeurs contemporains, Philippe Hurel et György Ligeti.
Ses cahiers de notes de chorégraphie révèlent ainsi une structuration forte, basée souvent sur l’élément musical. Ses sources d’inspiration sont par ailleurs multiples (littéraires, philosophiques, esthétiques) et apparaissent sous forme de dessins, citations ou même collages.

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Carnets et notes d’Andy de Groat


Vingt-deux cahiers et des dizaines de pages libres où Andy de Groat nourrit, invente ou réinvente les chorégraphies de quatre pièces majeures : “La Bayadère” (1988-1992), “Swan lac” (reprise par les danseurs du Ballet de l’Opéra d’Avignon en 2007), “La Folie d’Igitur” (2009 à Avignon encore, et son adaptation au CND : « Autour de La Folie d’Igitur », en 2010), et enfin “Pas de Parade” (pour l’École nationale supérieure de danse de Marseille, en 2010). Un ensemble fascinant de documents et d’indices révélant l’imaginaire à l’œuvre, la fièvre de la composition et le travail d’un architecte de la scène. Un matériau inégalable pour plonger dans le mode de pensée et de création d’un chorégraphe majeur, et dévoiler un peu de l’alchimie de son art.

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Procédés de composition





Qu’est ce que créer ?

par Pierre-Emmanuel Sorignet (in Regards sociologiques n.35, 2008 p.37-53)

Basé sur une enquête sur le métier de danseur, l’article traite de la question de la production artistique sous l’angle de la sociologie de l’art. Le propos est centré sur le travail de la création chorégraphique et s’attache particulièrement à décrire "l’expérience même de l’incorporation" c’est à dire "le processus d’ajustement progressif de l’hexis corporelle du danseur au "style" du chorégraphe".

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Ce que la danse est pour nous

par Clothilde Sakharoff (in Conferencia n.16, 1939 p.217-228)

Cet article retranscrit une conférence donnée par Clothilde Sakharoff le 23 mars 1939 dans laquelle cette dernière expose sa conception de la danse. Elle s’interroge sur la genèse et le mode d’expression et de composition des oeuvres chorégraphiques.

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Icare : le manifeste du chorégraphe

par Serge Lifar (in Les Archives internationales de la danse n.4, 1935 p.128-129)

Extrait de l’ouvrage de Serge Lifar : le manifeste du chorégraphe.

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La composition d’une danse

par Mme Ronsay (in Les Archives internationales de la danse n.5, 1935. p.29-30)

Jeanne Ronsay (1890-1953) expose ici sa "méthode de travail".

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L’état actuel de la composition chorégraphique

par Marion Renaude (in Le Guide Chorégraphique n.2, 1933 p.6-7)

Pour Marion Renaude, la danse, contrairement à la musique, manque cruellement de matériaux pour documenter les processus de composition et décrire les oeuvres finalisées. L’auteur déplore l’absence de traces écrites de la part des artistes et la difficulté de transmission des oeuvres.

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Etudes de composition par Pierre Conté





Etudes de compostion : étude sur une phrase du moment musical de Schubert

par Pierre Conté (in Arts et Mouvement n.10, 1935 p.65-68)

A partir du n.10 de 1935, la revue Arts et Mouvement, dirigée par Pierre Conté, comporte une rubrique "Etudes de composition" dans laquelle il est proposé au lecteur d’analyser comment "traiter en Danse une oeuvre musicale (éléments de composition, choix de l’action, situation, développement)".

La première étude porte sur un extrait d’une pièce de Schubert : Moment musical. A partir de l’analyse de la phrase musicale, Pierre Conté décrit une proposition de composition chorégraphique. Il conclut sur la nécessaire adaptation de la chorégraphie aux intentions du compositeur en terme d’interprétation : il s’agit pour lui de "mettre en mouvement le personnage même qui est à la base de l’inspiration sonore".

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Etudes de composition : sur les "danses de Lormont" (C. Franck)

par Pierre Conté (in Arts et Mouvement n.11, 1935 p.103-106)

Les rubriques "Etudes de composition" des n.11, n.12 et n.13 de 1935 d’Arts et Mouvement sont consacrées à la mise en mouvement de la pièce vocale de César Franck inspirée par un poème de Marceline Desbordes-Valmore : les danses de Lormont.

Dans le premier article, Pierre Conté tente de démontrer, à travers l’étude du texte, l’importance du "milieu dont fait partie le personnage et le cadre (ambiance)" pour trouver une harmonie entre mise en scène, chorégraphie, texte et musique.

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Etudes de composition : sur les "danses de Lormont" (C. Franck) (Suite)

par Pierre Conté (in Arts et Mouvement n.12, 1935 p.139-142)

Les rubriques "Etudes de composition" des n.11, n.12 et n.13 de 1935 d’Arts et Mouvement sont consacrées à la mise en mouvement de la pièce vocale de César Franck inspirée par un poème de Marceline Desbordes-Valmore : les danses de Lormont.

Dans le second article, Pierre Conté analyse le choix de l’action.

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Etudes de composition : sur les "danses de Lormont" (C. Franck) (Fin)

par Pierre Conté (in Arts et Mouvement n.13, 1935 p.27-34)

Les rubriques "Etudes de composition" des n.11, n.12 et n.13 de 1935 d’Arts et Mouvement sont consacrées à la mise en mouvement de la pièce vocale de César Franck inspirée par un poème de Marceline Desbordes-Valmore : les danses de Lormont.

Dans le dernier article, Pierre Conté décrit "le plan de l’action" de la chorégraphie.

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Pour en savoir plus




Fondation Royaumont : Programme Recherche et Composition Chorégraphiques (PRCC)

Dirigé de 2000 à 2003 par Susan Buirge, le Programme de Recherche et de Composition Chorégraphiques (PRCC) accompagne des artistes dans leurs recherches autour des procédés de la construction chorégraphique. De 2008 à 2013, sous l’impulsion de Myriam Gourfink, le programme organise des cycles de formation autour des écritures et des modes de composition dans les champs de la danse et de la musique. A partir d’avril 2013, Hervé Robbe prend la direction artistique du PRCC et propose un nouveau programme de formation : Prototype.

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João Fiadeiro : la méthode de composition en temps réel

Blog dédié à la méthode de composition en temps réel développée par le chorégraphe João Fiadeiro depuis 1995.

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Synchronous objects for "One flat thing, reproduced"

Réalisé par l’Université de l’Ohio, Synchronous objects est un site qui donne à voir les processus d’écriture et de composition à l’œuvre dans la pièce de William Forsythe : One Flat Thing, reproduced (2000). Le projet analyse les éléments structurants de la pièce en les transformant en un ensemble d’objets complexes.

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Repères sur


Steve Paxton (1939) est l’un des chorégraphes les plus radicaux de la post-modern dance américaine et le fondateur du contact improvisation. Il est né à Tucson, en Arizona, où il reçoit une formation ...

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L’une des spécificités du travail de la chorégraphe sud-africaine Robyn Orlin est la manière dont elle pense la relation au public et le soin avec lequel elle tente d’instaurer un dialogue avec lui. « ...

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João Fiadeiro (né en 1965) est âgé de 23 ans lorsqu’il découvre les méthodes d’improvisation des chorégraphes post-modernes américains. Formé à la danse au sein du Ballet Gulbenkian à Lisbonne, au début des ...

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