Cultures de l’oubli et citation : les danses d’après, II

Introduction

Contrairement à ce que l’on peut penser, les œuvres chorégraphiques ne sont pas éphémères, tout simplement parce qu’elles peuvent être reprises et citées. Ce dossier consacré aux pratiques de citation en danse contemporaine offre un prolongement numérique au livre d’Isabelle Launay : Cultures de l’oubli et citation, les danses d’après, II (voir la présentation du livre sur la page des éditions du CND).

L’auteure y examine l’intérêt, visible depuis les années 1990, des danseurs et chorégraphes pour les danses du passé et leurs pratiques de reprises et de citation. Inscrites dans une histoire plus large de la modernité en danse, ces pratiques mettent en jeu des formes d’oubli et de ruptures dans la transmission pensées par des artistes comme Mary Wigman, Valeska Gert, Joséphine Baker et Rudolf Laban dès les années 1920 et 1930.

Qu’advient-il lorsque des danseurs d’aujourd’hui se saisissent d’œuvres qui n’ont pas été destinées à être transmises ? Et si l’oubli et la discontinuité étaient une chance pour la mémoire des œuvres en danse ? Émancipées des cadres de transmission légitimés et légitimants, les œuvres reviennent alors à des endroits et à travers les artistes de façon imprévisible, en travaillant alors par surprises, transferts, montages et par l’inquiétante force de la citation.

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La Chance de Loïc Touzé. Photo de Martin Argyroglo