échos
. « Il faudrait ajouter bout à bout toutes nos histoires » par Laurent Sebillotte (Centre national de la danse) (PDF – 167.1 kio). « Aux présents » par Isabelle Ginot (Université Paris 8) (PDF – 183.7 kio)
Collection dirigée par Laurent Sebillotte, en collaboration avec Isabelle Ginot
En prolongement du projet « Exposé·e·s », qui a associé en 2023 le Centre national de la danse au Palais de Tokyo, le CND a initié une collecte de témoignages destinée à faire retour sur les premières décennies du sida qui ont fortement affecté le milieu chorégraphique.
Ce projet, Mémoires du sida en danse, a permis l’enregistrement de dix-neuf entretiens longs avec des personnes concernées par l’épidémie liée au VIH, proches de malades, militants ou témoins d’une autre façon encore des réalités liées au sida.
On y a évoqué ce qui jusqu’ici n’avait été que peu interrogé ou dit : l’impact que le sida a eu sur les modalités de travail et les réseaux professionnels de la danse, l’imaginaire et la matière des œuvres, les propositions et démarches artistiques, la mise en danger ou au contraire l’attention portée aux corps, la réflexion autour des pratiques corporelles aussi bien dans le champ de la création que de la pédagogie ou du soin, la relation au monde médical, mais aussi – et d’abord – le poids de l’absence des amis ou artistes proches, l’ostracisme qui a frappé nombre de personnes, le vécu intime d’une maladie affectant au-delà des malades eux-mêmes toute une époque, un milieu, des pratiques de vie, de sexualité, de prises de risques et de création.
C’est cette archive orale, telle qu’enregistrée entre juillet 2023 et mars 2024 et totalisant près de quarante-cinq heures de discussions, qui est rendue accessible ici, accompagnée en guise d’échos, de deux textes rédigés après coup par chacun des intervieweurs et porteurs du projet, et d’une chronologie précisant l’arrière-plan des entretiens.
Pour conduire le projet « Mémoires du sida en danse », on s’est appuyé sur une chronologie réalisée et actualisée régulièrement par Laurent Sebillotte qui croise – en contexte français – des données scientifiques et médicales, des données concernant la politique publique et la législation liées au sida, des données relatives aux luttes, au militantisme et aux associations, des données sur le traitement médiatique, les figures et représentations liés à la maladie ou concernant les milieux artistiques, et enfin des données plus spécifiquement liées au monde de la danse.