Cultures de l’oubli et citation : les danses d’après, II

Des courts-circuits féconds

a. Latifa Laâbissi et la Danse de la sorcière

On peut observer un court-circuit fécond et intempestif dans le fait que Latifa Laâbissi, formée en France et aux États-Unis à l’abstraction de Merce Cunningham, ait envie de reprendre la Danse de la sorcière (1926) de Mary Wigman alors qu’elle n’a aucun lien avec cette tradition de danse d’expression. Son projet au long cours mené entre 2001 et 2017 a connu de nombreuses déclinaisons : de Phasmes (2001) à Sorcière augmentée (2016) et Witch Noises (2017) en passant par Écran somnambule (2009 et 2012).
Dans cette entreprise, Latifa Laâbissi fait acte de désobéissance au projet de Mary Wigman, selon laquelle l’œuvre est indissociable de son interprète. Elle explore différentes modalités de réactivation (film, musique, travail scénographique, ralentissement du geste) et traverse différentes esthétiques issues des arts scéniques orientaux (butô, Opéra de Pékin, kabuki) pour proposer autant de miroitements d’une œuvre complexe qu’elle ne cherche pas à figer.

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Latifa Laâbissi dans « Écran Somnambule ». Photo de Nadia Lauro
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Latifa Laâbissi dans « Écran Somnambule ». Photo de Nadia Lauro

Latifa Laâbissi dans Écran somnambule. Photos de Nadia Lauro.

  • Latifa Laâbissi dans Écran somnambule, 2012. Réalisation de Figure project.
  • Latifa Laâbissi dans Hexentanz, Scènes du geste, 2015.