Archives sonores de Lise Brunel

Quelques rencontres remarquables entre 1969 et 1986

La danse post modern américaine

À bâtons rompus avec... Andy De Groat, ca juin ? 1973, (81’)

“Je n’ai jamais appris à danser” : déclare Andy de Groat dans cet entretien avec Lise Brunel, après la représentation, en juin 1973, de la pièce The Body hears au Théâtre Récamier à Paris. Né en 1947 aux Etats-Unis, le danseur et chorégraphe, qui est passé par l’école des Beaux-Arts à New York, se présente comme un autodidacte en matière de danse : “J’allais seulement dans des boîtes et je faisais toutes sortes de petits métiers : station-service, cafétéria, salle de cinéma, c’est là que j’ai rencontré Bob”, déclare-t-il. En 1967, il intègre en effet la Byrd Hoffman School of Byrds, troupe dirigée par Robert Wilson (1941-….), avec laquelle il travaille notamment pour le spectacle Le Regard du sourd (1971) ou plus tard sur la première version du spectacle Einstein on the Beach (1976).

Les relations artistiques entre Andy de Groat et Robert Wilson font l’objet de nombreuses questions de la part de Lise Brunel : “Que faisiez-vous avant de rencontrer Bob ? comment avez-vous rencontré Bob  ? Faites-vous toute la chorégraphie de la compagnie ?...” A cette dernière question, Andy de Groat répond : “Pas exactement, d’ailleurs, nous ne la concevons pas dans un sens conventionnel, c’est peut-être une chorégraphie intérieure. Je suis, cependant, à l’origine de ces tours ininterrompus que j’ai découverts il y a deux ans”. Le chorégraphe évoque ici le “spinning”, pratique qu’il partage, au sein de la compagnie, avec la danseuse Laura Dean (1945-….). Lise Brunel fait alors le parallèle avec les derviches tourneurs et cherche à savoir si Andy de Groat aurait d’éventuels points communs religieux ou philosophiques avec ces derniers. Après un voyage en Turquie où il est parti à leur rencontre, de Groat a constaté qu’avant tout la chose commune entre eux est “le mouvement tournant et ce qui arrive quand on l’exécute.” “Pour moi, dit-il, c’est un moyen d’expression que j’aime qui me permet d’atteindre un degré de communication plus élevé et de faire n’importe quoi à un niveau plus haut.”

La discussion se poursuit sur le thème de l’énergie dont les danseurs français “ne parlent pas tellement” - contrairement aux Américains – mais qui, pour Andy de Groat, est primordiale. “L’énergie n’est-elle pas la vie ?” écrira Lise Brunel qui conclut l’entretien en reliant cette notion d’énergie à celle d’étirement du temps, également très présente dans la troupe des “Byrds”.

Cet entretien donnera lieu à un article dans Les Chroniques de l’art vivant (n.40, juin 1973) titré : “A l’écoute du corps : portrait et entretien avec Andrew De Groat"

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Andy De Groat - Festival d’Automne à Paris, Musée Galliera (Paris) - 6 octobre 1974 / Fonds Gilles Hattenberger – Médiathèque du CN D
Manuscrit de l’entretien avec Andy de Groat, [ca juin ?] 1973
Fonds Lise Brunel – Médiathèque du CN D
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9 pages - Cliquer pour consulter le manuscrit